Migrants: le Parti Socialiste ventile

Depuis des mois, un campement de réfugié-e-s s’était installé sous le métro aérien au pont de la Chapelle. Au-dessus des rails de la gare du Nord, tou-te-s attendaient un passage vers l’Angleterre ou une possibilité de demande d’asile en France. Mais le gouvernement, fantasmant un « appel d’air » qui ferait venir des millions de pauvres « chez nous », a préféré rendre leur parcours impossible : procédures compliquées, logement d’urgence saturé, aides matérielles inexistantes. Les migrants, jeunes isolé-e-s, familles, venant de pays en guerre ou soumis à des régimes politiques autoritaires et corrompus, n’avaient d’autre choix que de se regrouper et de vivre à la rue.

Mais la misère pique les yeux du PS, alors le 2 juin, le ministère de l’Intérieur, aidé par ses collaborateurs et complices de France terre d’asile – qui, comme pour les MIE (mineurs isolés étrangers), sert de caution morale pour justifier les expulsions et le tri des migrants – a « évacué » le campement « pour raisons sanitaires ». Les communicants ont essayé de faire croire à une belle opération humanitaire... En fait, il s’agissait bien d’une rafle faite par des flics nombreux et très équipés. Mis dans des cars, les migrant-e-s ont été dispersés en lointaine banlieue ou à 300 mètres de là. Les quelques migrants logés sont revenus très rapidement, mis à la rue au mieux trois jours après, ou tout simplement affamés, loin de Paris et de ses possibilités de s’organiser collectivement.

Depuis cette expulsion, le lieu est grillagé et surveillé. Les migrants sont allés s’installer devant l’église Saint-Bernard. Expulsés. Puis rue Pajol. Expulsés. Puis dans une caserne de pompiers désaffectée. Expulsés. Rue d’Aubervilliers. Expulsés. Gymnase Laumière. Expulsés. Retour à Pajol... Chaque heure, chaque jour, ils sont harcelés par la police qui continue ses absurdes manœuvres de dispersion. Chaque fois que des élus (EELV, PC) s’en mêlent, c’est pour négocier le logement d’une poignée de personnes pour une poignée de jours. Chaque fois que des associations humanitaires (mandatées par la mairie ou l’État) s’en mêlent, c’est pour aider les flics ou le gouvernement. Et pendant ce temps, la police harcèle, frappe, blesse, insulte, humilie.

À la Chapelle comme partout en Europe, les États pourchassent les migrants et ferment les frontières aux réfugiés politiques et économiques, sans jamais assumer leurs responsabilités dans les situations de guerre, de misère et d’oppression qu’ils créent et entretiennent depuis des années.

La CNT exige un lieu collectif pour les migrant-e-s, afin qu’ils et elles puissent s’auto-organiser. La CNT exige aussi une prise en compte de leurs demandes d’asile ou de passage en Angleterre.


La misère ne se cache pas, elle se combat !

Des papiers pour tou-te-s !

Des logements pour tou-te-s !

Les syndicats CNT de la région parisienne